VERS L’ENTREPRISE DE DEMAIN AVEC LA GÉNÉRATION Z

29 Juin 2017

 

Entrés dans la vie active avec leurs attentes et leurs paradoxes, on ne présente plus les Millenials, qui obligent depuis quelques années les entreprises à remettre en question leur stratégie pour attirer, motiver, fidéliser ces jeunes qui bousculent l’ordre établi. Comment faire de leur différence une opportunité pour l’entreprise de demain ?

 

LA PARTIE ÉMERGÉE DE L’ICEBERG

Digital natives, impatients, idéalistes mais lucides, en quête de sens et de liberté, rejetant la hiérarchie, en questionnement permanent… Les caractéristiques sociologiques de la génération Z ne sont pas si nouvelles : pour la plupart déjà présentes chez son aînée la génération Y, elles sont simplement exacerbées.

Emmanuelle Duez, 30 ans, fondatrice du Boson Projet, qui a pour ambition de remettre l’humain au cœur de la transformation et de dépasser les modèles « périmés », le résume bien : « les millenials expriment ce que tout le monde pense : (…). L’entreprise ne répond plus aux attentes de personne ». Dans un monde où ils ont appris très tôt à prendre la parole, « dépositaires des attentes des autres », les millenials n’ont pas peur de casser les codes ni d’exprimer tout haut ce que d’autres préfèrent taire. Ils aspirent à être acteurs et non spectateurs de leur vie. C’est également le cas dans leur travail. C’est donc pour les entreprises un formidable levier de transformation qu’il ne faut pas hésiter à activer pour porter la dynamique du changement.

 

UN PUISSANT LEVIER DE TRANSFORMATION

Alors comment s’appuyer sur la génération Z pour transformer les organisations existantes et pour aller vers quels modèles ? En voici les grandes orientations.

Des organisations digital natives. La digitalisation est un des piliers de l’entreprise de demain et le plus évident pour les organisations actuelles, qui ont déjà entamé à divers degrés la transition digitale. Hyperconnectés, les millenials pensent et vivent “digital”. Pour les entreprises, c’est une opportunité de s’approprier cette culture et ses codes. Pour rester pertinentes sur le marché mais aussi en interne, les organisations de demain devront être elles aussi digital natives, prenant en compte cette dimension dès la phase de conception de leurs projets.

Plus modulables et collectives. Sous l’impulsion des millenials, les organisations actuelles encore très stratifiées se transforment progressivement en réseaux modulables de communautés voire de tribus, flexibles et adaptables à leur environnement. Privilégiant les méthodes de travail et processus de décisions collectifs, encourageant la collaboration interdisciplinaire et intergénérationnelle, s’appuyant sur de petites cellules plutôt que des entités lourdes, les organisations de demain auront dans leur ADN cette flexibilité.

Des managers 3.0. Avec des organisations moins pyramidales, le modèle managérial dominant hérité du XXème siècle sera de fait dépassé. Déjà, le rôle du manager évolue vers plus d’accompagnement et moins de contrôle. Les millenials veulent un coach, un leader, dont la légitimité viendra de la reconnaissance de son talent par ses équipes et non de sa position dans la hiérarchie, et qui saura métaboliser la contradiction. Et cela ne fait que commencer : avec le concept d’entreprise libérée, le rôle de manager tend à s’effacer de plus en plus, pour peut-être un jour disparaître totalement…

L’innovation comme culture. Les modèles des millenials sont des entrepreneurs, “start-uppers”, l’innovation fait partie de leur logiciel. Le défi de l’entreprise d’aujourd’hui est déjà d’intégrer cette culture ; celui de l’entreprise de demain sera de savoir l’entretenir et la nourrir. La libération de la créativité requiert des lieux et des temps dédiés, ce qui se matérialise actuellement par une multiplication des “Labs” innovation. Pour que ces initiatives ne restent pas des dispositifs ponctuels ou des effets de mode et pour développer une véritable culture de l’innovation, l’enjeu est de stabiliser un modèle qui permette l’implantation pérenne d’une culture de l’innovation véritable et spécifique à chaque organisation.

Tous entre(intra)preneurs. C’est le corollaire d’une implantation réussie de la culture d’innovation. Les millenials revendiquent la liberté d’agir et d’entreprendre, dans leur propre vie comme dans leur travail. Ils nous démontrent que les modèles de demain doivent intégrer cette dimension dans leur fonctionnement. En offrant aux collaborateurs qui le souhaitent plus de liberté et les moyens d’entreprendre, l’entreprise s’assurera une vie intérieure plus riche et plus fertile, créant un cercle vertueux qui permettra de soutenir l’innovation.

Plus de transparence. Demandeurs d’authenticité et d’éthique, les millenials mettent la transparence au centre de leur relation avec l’employeur. C’est la notion de communication dans son ensemble qui doit évoluer car cette transparence est déjà aujourd’hui et sera plus encore demain exigée par les clients et par la société en général. Pour cela, les stratégies de communication de demain devront exploiter l’ensemble des canaux disponibles et créer un espace virtuel et permanent d’échange avec tous les interlocuteurs – clients, collaborateurs, prescripteurs, medias. Ces stratégies, déjà adoptées par de nombreux pure players, tendront à se généraliser à toutes les organisations.

L’apprentissage comme pilier de la dynamique de transformation. Les millenials veulent apprendre mais à leur façon. Déjà, sur les bancs de l’école, ils rejetaient l’enseignement “à sens unique”. En entreprise aussi, les dispositifs d’apprentissage et de formation devront intégrer pleinement de nouveaux codes et des outils plus interactifs et participatifs : auto-formation, MOOC, serious game, etc. Par ailleurs, chaque collaborateur, quelle que soit son expérience et son ancienneté peut détenir des savoir-faire et expertises utiles à l’entreprise de demain, qui devra apprendre à mieux les identifier et à permettre leur diffusion de manière efficace et pertinente.

Des organisations plus humaines. Ce n’est pas une découverte, le mal-être et la souffrance sont trop présents dans les entreprises. Mais la jeune génération n’est définitivement plus prête à sacrifier son équilibre ou sa santé à son travail, et le dit haut et fort. Le sujet est vaste et passe par des considérations tant matérielles que psychologiques. Plus qu’un objet de transformation, l’épanouissement des individus sera à la fois le résultat d’une transition réussie vers les organisations de demain – plus adaptées et plus en phase avec les attentes de chacun – et une condition au développement vertueux de ces organisations.

 

LES MILLENIALS SONT LA CLÉ DE LA TRANSITION VERS L’ENTREPRISE DE DEMAIN

Les millenials sont conscients que le modèle professionnel de leurs parents est révolu. Ils savent qu’ils exerceront une multitude de métiers, qui pour certains n’existent pas encore aujourd’hui. Face à cette réalité, ils affichent un pragmatisme salvateur. Cette génération porte en elle le paradigme de son époque, et nous oblige à remettre en question les modèles hérités du passé, qu’elle juge absurdes et obsolètes. En s’appuyant sur leur énergie et leur créativité, l’entreprise d’aujourd’hui est amenée à faire sa révolution. Cette génération, que l’on nomme “Z” comme la dernière lettre de l’alphabet, symbolise la fin d’un système. Si l’on veut bien la suivre, elle nous montre le chemin de la transition vers les modèles de demain. N’ayons pas peur de lui confier les clés de la transformation, sans cesser de l’accompagner dans cette aventure.

Article rédigé par Laure Engrand, Consultante Senior 2 chez VIATYS conseil

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