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27Mar

A table les managers : comment concilier assaisonnement des objectifs et saveur de la relation ?

Les rumeurs laissent place aux décisions. Les grandes joies s’affichent. Les petites amertumes s’effacent. Avec ou sans surprise, ça y est elles sont arrivées ! Quoi donc ? Les évaluations de fin d’année ? Les étoiles Michelin 2017 ? Les deux ! Rapprochement inutile ? Pas si sûr. Alors que le chef talentueux se demande comment rendre son assiette inoubliable, le manager pertinent ne peut-il pas, près de cette même assiette, trouver un levier managérial tout aussi inoubliable ?

Etrange paradoxe : l’époque ne cesse de diminuer le temps consacré aux repas tout en glorifiant sans cesse davantage la haute gastronomie. Opportunistes ou convertis, certains managers savent tirer de cette situation un bel atout de différenciation pour la motivation de leurs équipes. Demandons-nous donc simplement comment les tables de haute gastronomie peuvent être utilisées au bénéfice de l’entreprise comme du collaborateur sans que le soufflet ne retombe.

EN CONSACRANT DU TEMPS A L’AUTRE

Déplacer l’échange avec un collaborateur d’un bureau strictement fonctionnel vers une élégante table de restaurant c’est de facto accepter et afficher de vouloir consacrer davantage de temps à la personne. Ce temps supplémentaire, si rare dans les agendas des managers, est en soi un message d’attention, de distinction et d’écoute adressé en amont de l’échange, avant même d’avoir hésité entre la déclinaison de St Jacques ou le rouget en trois façons.

Autre atout symbolique, le restaurant vous déplace à l’extérieur de l’entreprise. Etre hors les murs c’est physiquement et symboliquement prendre du recul par rapport au fonctionnement quotidien de l’entreprise. Plus encore, en s’éloignant des autres collègues, en s’éloignant de la foule bruyante, c’est finalement une plus grande liberté de parole que l’on promet tacitement pour ce moment partagé.

Enfin, une table gastronomique c’est à la fois s’alimenter et prendre du plaisir, deux enjeux intimes par essence. Partager ce moment avec quelqu’un de son cercle professionnel, c’est un geste riche de sens, un subtil rapprochement, une promesse implicite de franchise.

EN UTILISANT UNE SYMBOLIQUE FORTE

Nous venons d’évoquer les représentations individuelles. S’y ajoute bien évidemment la symbolique du lieu haut-de-gamme qu’est le restaurant étoilé ou assimilé. Souvent très onéreux, il est déjà, en soi, un avantage en nature dont les plus prosaïques verront vite la fiscalité avantageuse. Cet avantage, hors de toute grille, arbore donc inévitablement une aura propre à tout privilège discrétionnaire.

Mais au-delà, il est important de voir et utiliser la symbolique d’excellence de la grande gastronomie. Fruit de la vision d’un chef, de la performance d’une équipe et des meilleures  ressources du terroir, le repas étoilé est une métaphore à la fois simple et évidente à comprendre sans même qu’elle soit formulée.

Dernier, et peut-être principal, maillon de cette chaîne de représentation : la symétrie des attentions client/collaborateur. En invitant votre collègue à un moment privilégié, choisi, satisfaisant, vous lui offrez la position dans laquelle il a certainement contribué à placer vos clients. L’euphorie d’un exubérant Meursault ou d’un long Clos-de-Vougeot n’est que la matérialisation de l’adage “Soignez vos collaborateurs, ils soigneront vos clients”.

EN GARDANT A L’ESPRIT L’ENJEU MANAGERIAL

Pour autant, malgré toute cette dynamique positive qui peut entourer le déplacement de la relation managériale du bureau vers le restaurant, il faut aussi garder à l’esprit ses limites. Tout d’abord, certains peuvent avoir ancré dans leurs convictions que vie professionnelle et vie personnelle sont à cloisonner de façon extrêmement stricte. Par extension, il n’est alors plus envisageable de transformer un moment autour d’une table en autre chose que le parfait copier/coller du moment qui aurait été vécu sous les néons du bureau.

D’une autre manière, pour certains la gastronomie, le décorum et l’assiette sont des sujets sans le moindre intérêt. Pour eux, il faut alors garder la même logique d’attention particulière, de valorisation, de dialogue hors cadre mais en choisissant autrement le contexte (en arpentant conjointement une expo ou en sirotant un cocktail de fruits par exemple).

Enfin, quelle que soit l’initiative choisie, tout cela est et demeure un moment managérial. Il ne s’agit surtout pas de disperser l’attention de l’intéressé ou faire perdre de vue les messages transmis. Le lieu n’est qu’une partie du message mais ne doit pas en masquer les points saillants.  En ça, il s’agit d’une complexité supplémentaire pour le manager dont c’est ici tout le talent : savoir équilibrer les attentions, l’originalité et le discours pour être impactant dans le sens voulu par l’entreprise et l’interlocuteur.

C’est écrit : dans man(a)ger il y a manger. Si le mot est dans le mot, cela fait-il donc sens ? En tous cas l’association table et management ramène l’humain, l’individualisé, la créativité au cœur de la relation, en lieu et place ou a minima en complément au chiffré, au rationnel, au quantifiable. A court terme il faut y voir un pas vers le mieux-vivre collectif et donc un gain à la fois pour le collaborateur et pour l’entreprise.

MAIS, A MOYEN TERME, N’EST-CE PAS D’ABORD ET AVANT TOUT L’INTERET DU MANAGER?

Hier, nous avons vu l’Intelligence Artificielle maîtriser tous les choix possibles et surpasser aux échecs les plus grands maîtres. Aujourd’hui, nous voyons de nouvelles IA, améliorées, aller plus loin et réussir à gagner au poker, c’est à dire réussir à prendre les meilleures décisions sans connaître toutes les cartes et en composant avec les bluff possibles de tous les joueurs … parallèle évident … Combien de temps mettra une telle technologie à rejoindre un outil de management automatisé, optimisé, artificialisé ?

A ce moment-là, heureux seront les managers capables de tirer une carte supplémentaire de leur manche … une carte de restaurant évidemment.

Article co-rédigé par David Satta, Leader de la communauté d’experts Change et Caroline Léger, project manager chez VIATYS conseil.

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